Etude sur le métier de DPO

Le métier de Délégué à la protection des données (DPO) est nouveau au sein de nombreuses organisations privées ou publiques. Les conditions d'exercice, les formes d'emploi, les parcours ou compétences détenues ou attendues pour l'exercice du métier de DPD ont besoin d'être mieux identifiés et compris afin d'apporter les bonnes réponses en termes d'emploi et de formation professionnelle. L'AFCDP s'est engagée aux côtés de la Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle (Ministère du Travail) et de l'Agence Nationale pour la Formation Professionnelle (AFPA) afin de mieux identifier les dynamiques et les enjeux en termes d'emploi et de formation liées au RGPD. La DGEFP a confié à l'AFPA la réalisation d'une étude de grande ampleur sur la fonction de DPO. Cette étude s’est s'appuyée sur un questionnaire en ligne conçu conjointement avec l'AFCDP. Découvrez les premiers enseignements de cette étude.

Une enquête en ligne très ambitieuse a été réalisée en mars–avril 2019, avec pour objectif de mieux comprendre les conditions d'exercice, les formes d'emploi ou d'activité, les parcours ou compétences détenues ou attendues pour l'exercice du métier de délégué à la protection des données.

1.598 professionnels de la conformité au RGPD y ont répondu : 859 DPO internes, 196 DPO internes mutualisés, 210 DPO externes et 333 professionnels en charge de la protection des données personnelles (personnes non désignées auprès de la CNIL, Relais Informatique et Libertés, Adjoints du DPO, etc.).

RGPD-Métier


Quels en sont les enseignements ?

Les premiers résultats de l'étude ont été dévoilés le 26 juin 2019 à l'occasion de la conférence "Vive le DPO", organisée par l'AFCDP et qui s'est tenue à la Maison de la Chimie (Paris).

Il est intéressant de noter que...
- Les DPO de profils informaticiens sont encore (de peu) les plus nombreux
- Que seuls 39,7 % des DPO disposent d'un budget dédié (ce qui ne signifie pas automatiquement qu'ils ne disposent pas des moyens nécessaires)
- Que 59 % des DPO estiment que leurs recommandations sont toujours ou souvent écoutées et suivies par le responsable de traitement (Ce score monte à plus de 76 % pour les DPO externes)
- Que 40,3 % des DPO disent être "systématiquement" ou "Très souvent" consultés en amont des projets (donc, à l'inverse...)
- Que 73,7 % des DPO recommanderaient "sans hésiter" ou "probablement" leur métier à un jeune
- Que près des ¾ sont satisfaits de leur fonction de DPO
- Que 40,5 % des DPO externes ont moins de deux ans d'expérience... mais que 20,5 % d'entre eux disent avoir plus de dix ans d'expérience dans le domaine
- Que 24,6 % des DPO externes avouent ne pas maîtriser le sujet ("Plusieurs concepts importants m’échappent encore" et "Je suis encore très loin de maîtriser tous ces textes")
- Que, certes, près de 72 % des DPO disent avoir suivi une formation... mais que celle-ci n'a été que de un à cinq jours
- et que 40% des DPO estiment que la fonction est stressante

Quelles suites vont être données à cette étude ?

L'AFCDP, qui regroupe et représente les professionnels concernés, voit confortés dans les résultats de cette étude à laquelle elle s'est investie son axe stratégique relatif à la défense et à la promotion du métier (Fiche de poste de DPO, Lettre de mission du DPO, Job board du DPO, liste des formations pour DPO, Charte de déontologie du DPO, etc.). [Merci d'ajouter les liens sur chaque page]

Elle va poursuivre les travaux en totale synergie avec l'AFPA et le Ministère du travail pour étudier plus précisément certain points précis, notamment liés aux besoins criants de formation.

Elle a aussi suggéré que cette étude soit reconduite afin de constater les évolutions et les tendances.